Jeudi 18 juin dernier,avait lieu à Guéret dans les murs de la préfecture une cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française à laquelle assistaient Adriana Moleno et Jean-Paul Gaulier.
Acquérir la nationalité française est une lutte pour bien des personnes résidant et travaillant en France et à Faux. C’est un objectif pour obtenir pleinement les droits afférents, une volonté d’être considéré comme un.e citoyen.ne parmi les autres.
La nationalité peut s’acquérir après enregistrement de la déclaration (mariage, ascendant de Français, frère ou sœur de Français), après publication du décret de naturalisation au Journal Officiel ou après délivrance du premier certificat de nationalité française pour les personnes l’ayant acquise de plein droit à leur majorité.
Pour moi, maire de Faux, la préfecture de Guéret est un milieu très fermé où l’on n’entre pas sans décliner son identité, un environnement qui me rappelle les années 1960. Dans le cadre de l’organisation de cette cérémonie, elle m’est apparue comme un beau conservatisme avec ses ors et ses lustres, ses décors et parquets cirés, ses tapisseries, le personnel aux ordres, les tenues vestimentaires soignées, les couvre-chefs.
Adriana, habitante de Faux d’origine mexicaine ainsi que d’autres personnes étaient présentes, chacune dans des situations à chaque fois bien différentes. Toutes ont (enfin) obtenu la nationalité française.
La cérémonie d’entrée dans cette nouvelle citoyenneté s’est déroulée selon le protocole défini : trois discours ont été prononcés par les nouveaux Français rassemblés dans ce cadre. Pour moi, le plus émouvant était celui d’un migrant africain, parlant sans le support d’un papier écrit, s’exprimant de manière spontané tel qu’il est dans la vie, surpris par ce qui lui arrive et l’a fait progresser dans la construction de sa vie : l’école, le lycée agricole, les formations, l’accueil par des Creusois qui l’a ancré ici.
La Marseillaise est l’une des références de cette cérémonie. Hymne national et symbole de la République, « enfermée dans sa tradition historique » comme l’a rappelé l’historien Pierre Nora : elle est « un des marqueurs de la Nation même si elle appartient à la fois aujourd’hui au patriotisme sportif ou aux moments d’ébranlement national comme les attentats de janvier 2015 (où elle était) chantée par la foule et reprise à l’Assemblée nationale ce qui n’avait pas eu lieu depuis 1918 ».
La Marseillaise n’est pas aujourd’hui appréciée de tous, toutes. Pourquoi ces paroles guerrières ?
Derrière le protocole rigide, l’émotion s’avère très présente parmi les nouveaux promus dans la citoyenneté et chez leurs accueillants auprès de qui ils ont passé plusieurs années. La Creuse et Faux-la-Montagne, terre d’accueil ? 19 promus sur le département, c’est trop peu.
Jean-Paul Gaulier
