Dimanche 24 mai, une vingtaine de personnes ont participé à une sortie organisée aux rochers de Clamouzat afin de découvrir la pratique de l’estive sur la Montagne limousine. Pendant trois heures, les participants en mode « Indiana Jones » ont parcouru landes, tourbières et zones rocheuses, guidés par le Conservatoire des espaces naturels du Limousin (CEN) et l’Association pastorale de la Montagne limousine (APML). Les échanges ont été nourris, portant aussi bien sur les plantes locales que sur l’élevage ovin ou le rôle des chiens. Un bel après-midi ensoleillé riche en enseignement comme on les aime sur le Plateau.



Un site fragile et riche en biodiversité
Le CEN a présenté les caractéristiques écologiques du secteur : milieux humides, avec des plantes rares comme les plantes carnivores, landes acides. L’organisme a rappelé ses missions (préservation des habitats naturels, gestion des milieux ouverts, suivi de la faune et de la flore) ainsi que les actions menées récemment, notamment le défrichage réalisé avec l’appui du Parc et d’habitants bénévoles.
Pastoralisme : un équilibre à trouver
L’APML a détaillé son travail de développement du pastoralisme et les échanges menés avec des bergers basques sur la gestion des estives et la transhumance. Mika, berger installé depuis quatre ans sur le Plateau, est un habitué des estives mais plutôt en haute montagne. Il a témoigné des réalités du métier : volonté de préserver l’environnement, souci du bien-être animal, mais aussi nécessité de développer une activité économiquement viable. Il a repris l’an dernier l’estive de Clamouzat, un terrain « riche pour la biodiversité mais pauvre pour les brebis », dominé par les fougères et les tourbières. L’équilibre économique de l’opération est encore à trouver.



Chiens de protection : cohabiter avec le loup
La présence du loup sur le secteur impose l’usage de chiens de protection. Le berger a rappelé les consignes : si vous les croisés, il faut rester calme, ne pas courir, ne pas les menacer et s’éloigner du troupeau. Ces animaux, a‑t‑il insisté, « ne sont pas agressifs envers les humains, mais ils font leur travail, et jusqu’à présent il n’y a eu aucun incident avec les habitants ».
Annie Prévot