Vous avez 16 ou 17 ans, parfois 15 ans.
Peut-être avez vous fui une guerre, ou un ordre politique, sociétal ou familial menaçants, ou bien avez-vous pris la route pour trouver une vie meilleure…
Privé de la protection de votre famille, vous venez de faire un voyage de plusieurs milliers de kilomètres en provenance, par exemple, de Guinée. Au terme d’un voyage éprouvant de plusieurs mois, vous voici par exemple à Guéret où l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance, service du Conseil Départemental) vous prend en charge en urgence comme elle doit le faire avec tout mineur non accompagné.
Vous commencez à peine à vous reposer de votre périple, que l’ASE, comme elle le fait chaque semaine pour plusieurs d’entre vous, décide finalement que vous n’êtes pas mineur, donc que vous n’avez pas besoin de sa protection ! Du jour au lendemain on vous met donc à la rue, dans un pays, une ville, que vous ne connaissez pas. Parfois vous ne comprenez pas ou très peu le français. Et vous n’avez aucune ressource.
Néanmoins vous avez le droit de faire appel auprès du Juge des Enfants qui, après trois ou quatre mois, parfois plus, reconnaît, comme le plus souvent, votre minorité. Ce jugement impose alors à l’ASE de vous reprendre en charge afin, en théorie, de garantir « la prise en compte des besoins fondamentaux de l’enfant, à soutenir son développement physique, affectif, intellectuel et social et à préserver sa santé, sa sécurité, sa moralité et son éducation » (Code de l’action sociale et des familles).
Pendant ces mois où le Département de Creuse vous refuse sa protection, des associations, comme Faux-la-Montagne Solidaire ou la Cimade de Peyrelevade – qui pensent que vous êtes ici, non pas migrant, mais nouvel habitant de la Creuse, voisin creusois administrativement précaire et vulnérable, à qui l’on ne saurait refuser hospitalité et solidarité – interviennent afin de vous mettre à l’abri, de répondre à vos besoins fondamentaux, de vous permettre d’accéder aux soins de santé, à la scolarisation, à la formation.
Ces associations ne peuvent mener ce travail que grâce au concours et au soutien de la population qui peut aider de la manière suivante :
– Proposition d’une chambre d’accueil, de quelques jours à quelques mois
– Accompagnement lors des rendez-vous médicaux ou administratifs
– Accompagnement aux Restos du Cœur
– Participation financière dans les caisses situées dans les commerces du village
– Propositions d’activités éducatives, associatives, de loisirs, de lien social, …
– Organisation de fêtes, de rencontres, … afin de récolter des fonds
– Soutien social ou juridique
– …
Contact : mna.creuse@proton.me